Vendredi 18 septembre 2026 – Dimanche 20 septembre 2026
En 2008, je regardais l’une de mes émissions d’aventure préférée qui se déroulait au Pérou. Là, les candidats étaient mis face à un monument qui m’était totalement inconnu et qui m’avait laissé sans voix. Comment des hommes avaient-ils pu avoir l’idée de construire un village isolé en plein cœur des montagnes, dans un cadre aussi majestueux ? Scotché devant ma télévision, le soir même, j’écrivais un article sur mon blog de l’époque pour partager ma découverte, en le présentant comme la « Huitième merveille du monde », sans vraiment réaliser qu’il s’agissait bel et bien d’une des sept merveilles du monde moderne. Depuis ce jour, le Machu Picchu allait devenir pour moi une obsession : il fallait que je le voie de mes propres yeux.


En ce vendredi matin, partis en bus depuis Cusco, nous arrivons à Pachar, une petite ville dans la vallée sacrée. Ici, nous attend un vieux train diesel qui va nous mener en 1h30 à Aguas Calientes, village coupé du monde et qui est le point de départ vers le Machu Picchu. On regarde les paysages défiler, les montagnes rocailleuses se transformant progressivement en forêt puis en jungle, et je repense au petit garçon qui pensait ne jamais être là. Là, dans ce train, une larme coule : je n’ai jamais été aussi près du but.



Aguas Calientes nous apparaît comme une ville touristique mais néanmoins charmante. Enclavée au fond de la vallée, entre d’immenses montagnes, la ville a des airs de station de ski, avec ses nombreux restaurants et ses touristes heureux, qui vont ou reviennent du Machu Picchu. Étonnamment, on s’y sent rapidement bien. On fait le tour de la ville, qui borde une rivière dont la source est chaude – d’où le nom de la ville – et on découvre ses nombreux commerces dont un immense marché touristique dans lequel on se perd. Le soir, on dîne dans l’un de ces nombreux restaurants touristiques qui propose un menu complet pour seulement 30 SOL (7,5€) : c’était délicieux. Notre hôtel, « Vilas Insight Hotel », dans une petite rue dont les façades semblent sur le point de s’effondrer, nous attend.

















On dit qu’on apprécie encore plus le Machu Picchu quand on y arrive à pieds. Nous, nous n’avons pas fait le trek de plusieurs jours qui traversent la vallée sacrée (puisque nous sommes arrivés en train). Néanmoins, le lendemain, après un bon petit déjeuner, nous décidons de rejoindre le Machu Picchu depuis la ville à pied, et non en bus comme la plupart des touristes. Au programme : une randonnée d’environ 5 km, mais avec un dénivelé positif de 400 mètres, soit quasiment 2 heures de marche dans un genre de jungle. Très concrètement : on souffre. Il fait très chaud, humide, nous sommes trop couverts (il faisait froid à Cusco, on ne s’attendait pas à un tel changement de température) et le sentier alterne entre marches, cailloux et traversée de la voie de bus qui monte au sommet de la montagne. On ne croise pas beaucoup d’autres marcheurs, mais pourtant, le spectacle qui s’offre à nous est déjà époustouflant. Nous avons l’impression d’être les explorateurs en quête d’une cité perdue, dans le bruit saisissant de la jungle, et avec des vues vertigineuses. Malgré les 1928 marches (évidemment que j’ai compté, vous me connaissez !), on ne regrette absolument pas cette douce souffrance.










Arrivés au sommet avec une heure d’avance sur l’horaire de notre billet, nous retrouvons l’effervescence (pénible) des touristes. On reprend nos esprits et des forces au snack avant notre grand rendez-vous avec l’Histoire. 12h. On nous autorise à rentrer et une fois les portiques passés, on s’élance sur le dernier sentier. On sait qu’au bout de ce sentier, derrière cette ultime colline, il y a ce que nous attendions peut être le plus de ce voyage. J’en tremble.
Des ruines, juste devant nous, laissent apercevoir à l’arrière plan la cité tant attendue. Je me refuse à regarder : je sais que dans quelques pas, nous serons précisément à l’endroit de la vue mythique, et c’est ainsi que je veux le découvrir.

On monte les quelques marches suivantes, et surgit face à nous, en contrebas, la majestueuse cité. Nous restons sans voix, ébahis, sciés. Est-ce réel ? Le ciel est parfaitement bleu, avec quelques rares nuages blancs (de la pluie était initialement prévue) et les pierres de la cité semblent briller sur le vert vif de la végétation qui l’entoure. Le Huayna Picchu, la montagne derrière la cité, fend le ciel tel un géant. Devant nous, c’est l’image de carte postale que tout le monde connaît, mais en vrai.

On contemple le spectacle qui s’offre à nous, entrecoupé de quelques photos et de touristes qui viennent aussi profiter du point de vue – nous sommes loin d’être seuls. On se laisse aller à une petite larme : on l’a fait, certes, mais surtout, c’est le rêve d’une vie qui est en train d’être réalisé. Jamais je n’aurais imaginé que cela puisse devenir réel, et jamais je n’aurais pu imaginer le partager avec quelqu’un d’autre que Nolwenn.




Notre visite nous mène au cœur des ruines, dans un état de conservation qui nous stupéfait, alors même que le site est très largement sur-fréquenté. L’image de carte postale que l’on connaît devient alors une visite en trois dimensions, et on se sent extrêmement privilégié de pouvoir être là. Terrasses, habitations, places, temples : le Machu Picchu est une ville immense et complète, dans laquelle on peut facilement imaginer la vie de ceux qui l’ont bâtie.


























Lorsque le parcours touche à sa fin, et que l’on jette un dernier regard à la cité perchée et tant attendue, on se demande alors comment tout cela a pu passer aussi vite.



Mais surtout, lorsque l’on sort du site, encore rêveurs et ébahis, je me demande comment la vie peut continuer normalement après avoir vue une merveille du monde, tant rêvée par certains, et qui a été mon obsession pendant des années (certains lecteurs peuvent en témoigner). Quand le rêve d’une vie a pu être réalisé, quel sera le suivant ? C’est avec beaucoup d’émotions partagées et sur ces réflexions qui nous alimentent que l’on reprend le sentier de randonnée pour redescendre – on allait quand même pas prendre le bus pour descendre, alors qu’on avait déjà fait le plus dur !





Le soir, toujours coupés du monde, on se laisse aller à quelques rêveries : tout le reste nous parait, l’espace d’un instant, insignifiant. Elle est peut être là, finalement, la magie de ce lieu. Peut-être en partie dans la prouesse architecturale, peut-être aussi dans la magnificence du paysage, peut-être encore dans la grandeur du peuple qui l’a bâti. Mais peut-être, simplement, dans le fait qu’il nous ramène, le temps d’un instant, à notre humilité d’humain face à quelque chose de bien plus grand que nous.

Après une dernière nuit au creux de ce sanctuaire, nous reprenons le train pour rentrer à Cusco. Le paysage défile devant nous et nous éloigne petit à petit de ce monument qui nous aura sans doute changer à jamais, et qui nous aura marqué pour le restant de notre vie.


Quelques conseils pratiques :
- Passez deux nuits à Aguas Calientes : c’est peut-être un peu plus cher que le reste du Pérou, mais cela permet d’arriver bien reposé, et de ne pas courir après le temps lors de votre visite. Tous les restaurants sont très bien notés, et proposent globalement les mêmes plats.
- Si votre condition physique le permet, montez à pieds : les bus sont bondés, chers, et les files d’attente longues. Vous aurez le plaisir de découvrir la vallée, la jungle et vous aurez la fierté de ce petit exploit. Vous apprécierez encore plus votre visite en ayant l’impression d’être pas tout à fait comme les autres touristes.
- Nous avons fait le circuit 2b, qui offre la célèbre vue panoramique (mais je crois que les circuits 1 et 3 offrent aussi cette vue) et un tour complet dans le village.
- La durée théorique est de 4h, mais vous pouvez rester plus longtemps, personne ne vérifie. Par contre, le chemin est à sens unique : vous ne pouvez pas faire demi-tour, et les agents de surveillance veillent au grain (de manière assez autoritaire).
- Nous avons fait le choix de le faire sans guide, mais en nous renseignant à l’avance, pour ne pas être trop perdus dans les ruines. Cela nous a très bien convenu pour aller à notre rythme.
- Réservez à l’avance : pour septembre, nous avons réservé en avril, et beaucoup de créneaux étaient déjà pris. Sinon, des billets en quantité limitée sont mis en vente le matin même dans la ville.
- Nous avons pris un billet à 12h, et non à 6h du matin, comme tous les blogs disent de faire et… c’était très bien. L’avantage du billet matinal est simplement d’être seul dans le site et de voir le soleil se lever (ce qui doit être magique). Mais franchement, on a été très content de pouvoir nous lever à une heure raisonnable, et de faire la randonnée en matinée, en ayant bien dormi.
- Prenez le temps d’observer : c’est sympa d’avoir des photos de soit et du paysage, mais vous en trouverez des milliers sur internet. La vue directe, elle, est unique.
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