Samedi 17 octobre 2026 – Dimanche 25 octobre 2026
Ça y est, le bus est enfin arrivé en Argentine, dans la ville de Salta. Il est presque 22h00 et on en a plein les pattes. Direction notre Airbnb, où notre hôte nous a très gentiment attendus malgré notre retard. L’immeuble est comment dire… peu accueillant, on pourrait y croiser Jeffrey Dahmer. Rassurez-vous, on ne l’a pas vu. On arrive dans l’appartement pour poser les affaires et on ressort assez rapidement manger. On trouve un super restaurant proposant de délicieux empañadas aux goûts divers accompagnés de citron et d’une sauce à la tomate, un régal après cette très longue journée !
La Salta du démon
On commence par aller acheter notre petit déjeuner dans un grand supermarché. Sur le chemin, on se rend compte que tous les commerces sont fermés, il n’y a pas grand monde dans la rue… c’est dimanche et on n’était plus habitués à voir une ville éteinte ce jour-là.
On décide de visiter le centre-ville à pied dans l’après-midi, mais comme nous sommes dimanche, l’ambiance est très calme, trop calme même. Il n’y a donc aucun magasin ouvert, mis à part quelques restaurants et cafés. On s’installe au café Martínez (coucou Gustave) où l’on passe quelques heures. La fin de journée approchant, on rentre à l’appartement cuisiner des raviolis au fromage achetés chez Carrefour (pour notre plus grand bonheur).




Petit point nourriture
Depuis notre départ, quand on décide de cuisiner, notre régime alimentaire est principalement composé de riz et de pâtes sous différentes formes. Disons que les légumes sont absents de l’alimentation dans beaucoup de pays d’Amérique du Sud, à notre grand regret. On a essayé de tester quelques fruits nouveaux, mais ça a souvent été un échec. On se cantonne donc aux bananes, avocats et pommes parfois. Par ailleurs, les produits industriels sont soit très sucrés, soit au contraire très salés. La France nous manque, mais ce n’est pas pour autant qu’on meurt de faim, rassurez-vous !
Sur la route oui, mais en Renault !
C’est l’heure d’aller récupérer notre voiture de location pour les cinq prochains jours, afin de faire une boucle au sud de Salta. Notre bolide est une Renault Kardian, un SUV qu’on surnommera Kim (Kim Kardian / Kim Kardashian, vous l’avez ?). Elle aussi va vivre des aventures pendant ces 5 jours.

Il était écrit sur les blogs et autres articles du web que les routes étaient parfois en mauvais état. En effet, on se rend rapidement compte qu’il faut être attentif aux cratères et aux grosses pierres.
Pour cette première étape, on prend la direction de la ville de Cachi, en remontant la vallée de l’Escoipe. On passe de 1187 mètres d’altitude à 2340 mètres. Sur notre chemin, on croise de nombreux animaux : des vaches sur le bord de la route, des ânes mais également deux renards qui attendaient visiblement d’être nourris, car ils n’étaient pas du tout farouches.






Kilomètre après kilomètre, on prend de l’altitude et on fait une pause pique-nique au point de vue La Cuesta del Obispo. Malheureusement pour nous, la brume est tellement dense que l’on ne voit rien du tout. Ce n’est pas grave, on continue notre route et cette fois-ci, au-dessus des montagnes, la vue est complètement dégagée.







Tintin au Far West
La route del Tintin, une ligne droite de plusieurs kilomètres bordée de part et d’autre d’innombrables cactus géants sur fond de montagnes ocres, fait partie du parc national Los Cardones. La route est magnifique et l’on s’y arrête pour en profiter.













Après 5 heures de route et plusieurs arrêts, on arrive dans la petite ville de Cachi, une charmante ville, très agréable. On rejoint notre Airbnb pour la nuit qui n’est autre qu’une maison de 120 m2 avec deux chambres, une cuisine équipée et un petit jardin. On ne sait plus où donner de la tête ! Un petit apéro s’impose, une bière au miel, un licuado à la pomme (boisson typique d’Argentine à base de fruits, de lait et parfois de glace : c’est un milk-shake aux fruits) et évidemment des empañadas.








Vient le moment du dîner : devinez ce qu’on a fait… un risotto à la tomate (avec que des produits trouvés dans le placard de l’appartement – Achille la magouille était de retour) ! Et qu’avons-nous regardé à la télé… Koh Lanta bien sûr !
On aime retrouver nos petites habitudes de temps en temps.
Prêts pour un rallye
Direction Cafayate pour cette deuxième journée de road trip, la destination la plus au sud de notre parcours. 140 km de piste nous attendent. Moi qui apprécie conduire cette voiture, le trajet se passe plutôt bien ; mais c’est un peu long pour Achille, le passager. Même si parfois le panorama est très beau, les paysages sont moins impressionnants que la veille. Pour nous requinquer, nous sommes passés dans une très bonne boulangerie de Cachi avant de partir, pour y prendre deux sandwichs et deux délicieuses tartelettes à la crème.


















Après avoir traversé la Quebrada de las Flechas, on arrive dans l’après-midi dans la ville de Cafayate, réputée pour ses nombreux vignobles et notamment sa production de vin rouge. Ce soir-là, nous logeons dans une auberge de jeunesse, qui est très agréable. Fatigués par cette journée de conduite, on se pose quelques questions sur la suite de l’itinéraire avant d’aller dîner sur la place principale.
Cette fois-ci on varie les découvertes gastronomiques. On a goûté la provoleta, un fromage de brebis fondu dans une petite cassolette servi avec des crackers (très bon) ; le tamal, de la viande cuite avec une pâte de maïs, le tout cuit dans une feuille de maïs (pas très bon pour ma part, Achille a bien mangé) et évidemment des empañadas (délicieux).










Comme un air de Grand Canyon
Pour ce troisième jour, on décide de rester une nuit de plus à Cafayate pour avoir le temps de visiter la Quebrada de las Conchas, et on a bien fait car on en prend plein les mirettes !





















Les paysages sont splendides, les couleurs des roches ressortent énormément avec le bleu du ciel et le vert des arbres, c’est magnifique. La route sillonne entre les falaises et les collines, et chaque virage délivre un fabuleux spectacle. On a fait plusieurs arrêts photos, balades et contemplation. Nous avons roulé jusqu’à la Garganta del Diablo, où la roche forme comme une immense bouche inclinée, prête à nous engloutir, c’est vertigineux.
Sur le chemin du retour, on pique-nique à l’Anfiteatro, où un musicien joue de la guitare afin de nous montrer toutes les capacités acoustiques du lieu. Après ces délicieux sandwichs, on part faire une balade d’une bonne heure sur le sentier Los Estratos. Comme son nom l’indique, on voit toutes les strates des roches millénaires divisées en teintes vertes et bleutées d’un côté, rouges et ocres de l’autre.
















Il fait plus de 30°, l’air est très sec, on est assoiffés : on décide alors de rentrer s’abreuver. On avait suggéré l’idée de visiter une bodega, mais la fatigue est trop forte, la sieste nous attend (et puis on préfère la bière).
Petite anecdote à ressortir en société
Pour le goûter, on s’est rendu dans un café où la serveuse nous a expliqué qu’il ne valait mieux pas s’installer dehors car le vent pouvait nous donner mal à la tête… Autant vous dire qu’on était sceptiques, on est donc sortis s’installer sur une table à l’extérieur. En faisant quelques recherches, il y a effectivement un vent qui descend des Andes en fin de journée faisant baisser instantanément la pression atmosphérique, comme si nous étions d’un coup en altitude, et donner le mal des montagnes. Longtemps, les gens, ne connaissant pas l’explication scientifique, voyaient seulement les effets de ce vent, et pensaient qu’il rendait fou. La serveuse n’avait donc pas tort et nous avions appris quelque chose. Heureusement depuis le début du voyage nous n’avons pas été sujet au mal d’altitude, ce n’est pas un petit mistral qui nous fait peur !
Une fois reposés, direction des supermarchés acheter de quoi se sustenter. On rêve d’une salade de tomates-mozza mais… impossible de trouver des tomates et de la mozza, ni même le moindre légume. On est donc contraints et obligés d’aller au restaurant, mince… Achille voulait manger léger alors il a choisi des lasagnes. J’ai vraiment choisi léger et j’ai pris une soupe de citrouille avec deux empañadas. A votre avis, qui a regretté son choix mais a trouvé ça très bon quand même ? Qui a passé une mauvaise nuit parce qu’il a trop mangé ? J’attends vos commentaires !
Escale à El Carril
Pour l’avant-dernier jour de ce road trip, on part en direction d’El Carril où notre prochain logement nous attend. L’itinéraire initial n’était pas celui-ci. Nous étions censés monter de Cafayate à San Salvador de Jujuy, au nord de Salta afin de voir les montagnes aux 14 couleurs. Cependant, ce trajet fait 5 heures de route minimum sans les arrêts. Étant fatigués par la route et les paysages parfois moins captivants, et n’ayant pas loué la voiture suffisamment longtemps, on a décidé de rester dans le sud de Salta et de ne pas aller au nord.
On repasse donc par les paysages de la veille qui sont toujours aussi impressionnants mais le reste de la route est sans grand intérêt. On passe par le lac de Cabra Corral avant de pique-niquer dans un parc. L’arrivée à notre logement se fait tôt dans l’après-midi, ce qui nous laisse le temps de profiter de la piscine (nous sommes seuls dans les espaces partagés) et d’organiser la logistique de la suite du voyage.





En traversant la ville d’El Carril, on a repéré plusieurs vendeurs de fruits et légumes (alleluia). Ni une, ni deux, on va en acheter, bien décidés à manger un repas léger et sain. On a trouvé de quoi faire une salade de lentilles, tomates, concombre et oignons, accompagné de tartines d’un semblant de cancoillotte aux herbes, un régal ! Cette fois-ci personne n’a passé de mauvaise nuit à cause d’un repas trop lourd…
Clap de fin
Dernière journée de ce road trip : retour vers Salta. On doit récupérer notre logement à partir de 15h00, alors en attendant on décide d’aller à la réserve Yungas de San Lorenzo où l’on fait une randonnée d’une bonne heure au cœur d’une forêt à la végétation dense et au climat humide.
On y croise des oiseaux de toute sorte : des faucons pèlerins dont le bruit des ailes en vol nous a impressionnés et une Pénélope des Yungas, un genre de grande poule noire sauvage au corps élancé dotée d’une longue queue, perchée sur une branche. J’avais espoir d’apercevoir des toucans, mais ce sera pour une prochaine fois !










Dans l’après-midi nous avons rendu Kim et nous l’avons remerciée pour ses bons et loyaux services. Nous avons récupéré l’appartement pour les deux prochains jours et nous sommes allés faire le goûter dans le café El Gauchito Salteño. Nous avons goûté une spécialité sucrée : el alfajor. Il s’agit de deux biscuits enfermant une ganache au dulce de leche, le caramel local (attention, il ne vaut pas le caramel au beurre salé, il est beaucoup plus doux), le tout enrobé de chocolat noir, blanc ou de meringue.

Bilan de ce road trip
Si c’était à refaire, je pense qu’on ne le referait pas. Les temps de trajet et l’état des routes peuvent être dissuasifs. Par ailleurs, les paysages sont parfois très beaux, mais ce sont des paysages que nous avions déjà vus dans les pays précédents. On a eu l’impression de ne pas avoir optimisé notre temps sur cette période. Cependant, je pense aussi que si nous avions mieux organisé ce séjour, peut-être aurions-nous fait des randonnées, ou des arrêts supplémentaires. Bref, nous n’avons pas été à 100 % emballés par ce périple.
Plan de survie
Cette avant-dernière journée à Salta est réservée à l’organisation de la suite du voyage, qui nous prend beaucoup de temps (et d’argent : pour ceux qui connaissent bien Achille, il est en PLS. Pour ceux qui me connaissent, je ne sais pas où est le fichier de suivi du budget. Chacun ses angoisses). On sort dans l’après-midi prendre l’air (et un goûter), faire quelques courses et rentrer se reposer.






Demain, nous prenons l’avion jusqu’à Puerto Iguazú, afin d’observer les célèbres chutes qui feront l’objet d’un prochain article !
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Merci pour le récit des aventures de Kim j’ai adoré 😁
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