Carnet de bord : je vous raconte nos premiers jours passés à Cusco, entre découverte de la capitale des Incas, bonnes adresses et excursions dans des sites archéologiques.
Arrivée dans la capitale des Incas
Vendredi 11 septembre 2026 – Jour 1
La veille au soir, on a pris un bus de nuit d’Arequipa vers Cusco. On est arrivé à la gare à 19h30 pour un bus à 22h30 (j’étais peut-être un peu stressée du trafic…). Comme à notre habitude, on s’installe au fond du bus sauf qu’en voyageant à plus de 4000m d’altitude, les températures sont glaciales la nuit ! On met notre équipement de survie : vêtements thermiques, polaires, imper avec capuche et écharpe ! J’avais de mon côté un petit chauffage pour mes pieds mais ça n’a pas suffit à me réchauffer, Achille, lui, avait le courant d’air…




Arrivés à Cusco vers 9h30, très fatigués de cette nuit fraîche, on prend la chambre de l’hôtel vers 12h30. On sort manger et on trouve un très bon resto végan : Parada Vegana Restaurant. On discute beaucoup, on se pose des questions pour la suite du parcours puis on relativise, on en est qu’au 9ème jour de voyage finalement.














Programme de l’après-midi : visiter le centre de Cusco, la Plaza de Armas puis s’aventurer dans le quartier de San Blas, avec toutes ses petites rues pentues et étroites qui nous mènent à un mirador. De là, les nuages laissent place au soleil, la fatigue s’estompe, on s’y sent bien dans cette ville. On continue la promenade jusqu’à l’aqueduc Sapantiana et on redescend dans le centre pour aller faire quelques courses et rentrer à l’hôtel. On mange en regardant The Office, on organise les prochains jours, on écrit. Une journée qui avait pourtant difficilement commencée s’est finalement bien terminée.
Fun Fact
Les bus, ou « colectivos », portent tous les nom d’un personnage fort symboliquement, choisi par le chauffeur. On peut donc prendre le bus « El Chaski », un athlète et messager de l’Empire Inca ; mais aussi « Pachacútec », le premier empereur historique de l’Empire Inca, ou encore Batman et Zorro (oui oui, chacun sa référence culturelle).
A la découverte de Cusco
Samedi 12 septembre 2026 – Jour 2
L’achat du jour : le boleto turistico ! Il est valable 10 jours et permet de visiter les principaux sites de Cusco et ses alentours #legraaldestouristes.
Dans notre lancée, on s’est mis à chercher des excursions pour la Vallée Sacrée, mais il y a tellement d’agences qui nous alpaguent qu’on ne sait pas trop comment faire… Finalement, une dame vient vers nous et nous embarque dans un petit bureau. On tente, ça n’engage à rien ! Elle nous présente les deux excursions qu’on cherchait et nous fait un prix : 110 SOL par personne pour deux jours, soit 55 euros au total. On accepte !
Petit tour au marché San Pedro, qui est le marché mi-local, mi-touristique, où se trouve une multitude de petites boutiques de souvenirs, mais aussi des restaurants pour manger sur le pouce. Pas très téméraires pour l’instant, on se contente de deux empañadas pour le goûter du matin.



Après ce goûter salé, on décide de partir visiter trois sites sur les hauteurs de Cusco, accessibles à pied (quelle idée…). On s’engage dans les petites rues, certes jolies, mais très très abruptes ! Notre corps est mis à rude épreuve et le souffle nous manque, on est toujours à 3600 m d’altitude.
On arrive au site de Sacsayhuamán, une ancienne forteresse inca impressionnante dont les pierres sont taillées pour être emboîtées sans mortier. Le site était très grand, et on a pris le temps de tout découvrir : on a même fait du toboggan sur les rochers naturellement polis (les enfants étaient beaucoup plus à l’aise que nous, on a cru s’écraser sur les pierres servant d’amorti, mais on a beaucoup ri).












On s’est ensuite rendu sur le site de Q’enqo en passant par le Cristo Blanco qui surplombe la ville. C’est un site cultuel dans un bloc de roche, dans lequel des labyrinthes sont taillés directement dans la roche (Q’enqo veut dire labyrinthe, en quechua). Il servait principalement de site funéraire dédié au culte des ancêtres, et des sacrifices, de lamas notamment, y étaient effectués.









Il n’est que 15h00 (ressenti 19h00), on redescend jusqu’à la ville par un sentier pas vraiment officiel et on croise beaucoup de chiens errants qui ne nous ont pas mis en confiance, mais le centre n’est plus très loin. On fait des courses pour manger à l’hôtel, mais ici il est difficile de trouver de quoi se préparer un repas. Il n’y a pas de plats préparés, de sandwichs ou de salades, donc le choix est vite limité. Donc comme la veille on prend deux pains aux olives et c’est très bien !
Chez les Incas
Dimanche 13 septembre 2026 – Jour 3
Aujourd’hui, on part en excursion dans la Vallée Sacrée des Incas pour découvrir cinq sites. Notre guide s’appelle Percy (je le renommerai Persil) et le chauffeur est sympa, mais roule à toute berzingue dans des rues trop étroites et des virages trop serrés.
Point Bison Futé
Ici, au Pérou, la conduite, c’est chaotique. Aucune règle que l’on connaît du code de la route n’est respectée : les distances entre chaque véhicule, les piétons (ils pourraient nous rouler dessus), les feux sont décoratifs, les priorités n’existent nulle part, bref vous pouvez aisément visualiser le trafic ! Mais étonnement, il ne semble pas y avoir d’accident, ils roulent tous de la même façon, donc ça se goupille bien. Je ne parle pas non plus de l’état des véhicules (aucun d’entre eux n’a la vignette Crit’air, c’est sûr). Un chauffeur uber nous a même dit que les conducteurs étaient « temerarios », entendez « téméraires », et je n’ai pas trouvé de meilleur qualificatif !
Premier arrêt : Chinchero
On arrive tôt dans un atelier de teinture de laine de lama et d’alpaga où il fait très froid ! On nous met une couverture sur les genoux et on nous donne une boisson chaude pendant qu’une dame nous montre des techniques de nettoyage et de teintures naturelles et ancestrales. Elle écrase même des cochenilles récupérées sur un cactus qui donne un rouge profond. On part ensuite dans la zone archéologique de la ville, où se trouvent les ruines de l’ancienne ville inca. À flanc de colline, le site offre une vue imprenable sur les montagnes.






Deuxième arrêt : Moray
C’est un arrêt express, mais assez surprenant, aux terrasses agricoles de Moray. Les terrasses ont la particularité d’être circulaires car elles ont été construites en respectant la forme de la vallée. Ici, elles servaient de terrain d’expérimentation par les incas. Lorsque les montagnes aux alentours étaient enneigées, ces terrasses circulaires en cuvette étaient protégées du vent et du froid, et les Incas y avaient développé des micro-climats pour pouvoir cultiver toute l’année.



Troisième arrêt : les salines de Maras
Les salines de Maras ne sont finalement pas si différentes des marais salants de Guérande à ceci près qu’elles ont été construites sur des terrasses à 3300 m d’altitude (altitude des marais salants de Guérande : 8 mètres, un chouilla plus bas). Les œillets appartiennent à des familles qui récoltent trois types de sel : la fleur de sel, le gros sel et le sel médicinal. Juste avant la visite, on nous fait goûter des graines croquantes avec du sel fumé, puis quelques carrés de chocolat.




Ce site est très impressionnant et très beau !
Pause déjeuner très attendue à Urubamba, de nouveau dans un buffet, mais cette fois-ci beaucoup plus qualitatif et agréable, on se régale ! On goûte même une gelée sucrée, qu’on trouve partout en dessert. Spoiler alert : ce n’est pas bon.
Quatrième arrêt : Ollantaytambo
Dans cet incroyable site Inca à vocation militaire et religieuse, les terrasses ne sont pas agricoles, mais servent de contreforts pour soutenir la montagne. Les pierres utilisées étaient prélevées sur la montagne d’en face : pour les amener, les Incas ont construit des rampes en zigzag d’une montagne à l’autre. La particularité de ce site réside dans le fait que ces rampes sont toujours visibles (alors qu’elles sont habituellement détruites), de même que certaines pierres sur les chemins car les conquistadors sont arrivés et ont empêché la fin de la construction du site, et notamment du temple à son sommet.




Cinquième arrêt : Pisac
Le soleil commence à se coucher derrière les montagnes. Il est 17h00 et le site ferme à 16h30 : les agents d’accueil sifflent pour faire entrer les derniers groupes. Les ruines ici sont d’ordre militaires, religieuses et agricoles. Les terrasses agricoles couvrent toute la colline, c’est très impressionnant. A leur sommet, un village inca abandonné auquel on ne peut pas accéder. En face du village, sur un versant de montagne, on observe de nombreux trous : le guide, Persil, nous explique que ce sont des tombes de villageois Incas qui ont été pillées et détruites à l’arrivée des colons. Il ne resterait que les os.





Sur le chemin du retour, de nuit, on s’arrête dans une joaillerie où une dame nous présente les différentes pierres exploitées dans la région et leurs pouvoirs spirituels. On rentre enfin à Cusco vers 19h00, il fait très froid. On va s’acheter de quoi manger dans une boulangerie et on rentre à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil !
Le saviez-vous ?
Depuis que l’on est arrivé à Cusco, on voit beaucoup de drapeaux arc-en-ciel. On pensait que c’était le drapeau des fiertés et non (on trouvait ça bizarre aussi) ! On a appris que c’était le drapeau officiel de la ville et l’emblème du peuple Inca. Comment faire la différence entre les deux ? Le drapeau LGBT possède 6 bandes de couleurs contre 7 pour le drapeau Inca. Voilà une info à placer lors d’un repas, ça fait toujours son petit effet.
Des Wari aux Conquistadors
Lundi 14 septembre 2026 – Jour 4
Nouvelle excursion aujourd’hui : la partie sud de la Vallée Sacrée. Au programme, la découverte de trois sites : pré-Inca, Inca et colonial. On part avec un nouveau groupe direction Tipón, un site archéologique de terrasses agricoles, connu pour son ingénieux système d’irrigation, toujours fonctionnel. Les Incas ont puisé l’eau d’une source qui se déverse dans une fontaine à quatre embouchures (on peut y voir : les quatre saisons, les quatre éléments, quatre principales régions Incas, bref, ce que vous voulez). Par un jeu de blocage des canaux, les différentes terrasses pouvaient être irriguées. En parallèle, il y avait également un système de canaux d’évacuation des eaux de pluie.





En chemin, on s’arrête sur une route où une multitude de vendeurs de grands pains emblématiques de la région se suivent et alpaguent les chauffeurs à l’aide de grands sacs jaunes (ces sacs sont destinés à être emportés à l’aéroport afin qu’ils ne soient pas comptés comme un bagage). Ce pain traditionnel s’appelle le « pan chuta » et une dame nous explique sa fabrication. On n’en achète un d’un format plus petit (le format basique fait 50cm de diamètre) au goût de vanille et de chocolat.


On poursuit notre route vers d’autres ruines, cette fois-ci pré-Incas : le site de Pikillaqta où vivait le peuple des Wari. Les Wari vivaient dans des « canchas », c’est-à-dire des genres de patios fermés entourés d’habitations. Si les ruines ne sont pas très intéressantes (sauf pour les amateurs de cailloux, coucou Guillaume), ce peuple a passionné Achille car ils avaient construit un aqueduc assez similaire à ceux des Romains.





On reprend la route vers le village d’Andahuaylillas où se trouve l’église San Pedro Apostól surnommée la « Capilla Sixtina de América ». Elle est en effet richement décorée avec des couleurs vives et beaucoup de dorures. Achille y a vu de nombreux tableaux représentant Saint Pierre avec des CLEFs à la main, ce qui lui a un peu rappelé le Louvre. C’est magnifique, mais les photos sont interdites.

Dernier trajet vers un restaurant dans lequel on aurait jamais mis les pieds par nous-mêmes ! On mange un plat typique de la région : la « trucha frita », une truite panée avec des crudités, du riz et des frites, accompagnée d’un petit digestif anisé pour faire descendre tout ça ! C’était très bon, même s’il y avait encore les étiquettes d’achat sur les verres…
Il est 16h00, on rentre enfin, un peu déçu de cette excursion, car on a passé beaucoup de temps sur la route où les paysages n’étaient rien d’autres que des zones industrielles. On ne s’arrête donc pas à ce ressenti car ces excursions restent le moyen le plus facile de découvrir ces quelques sites emblématiques.
On finit la journée dans notre endroit préféré quelque soit la ville où l’on se trouve : un pub irlandais, le Paddy’s Pub (qui prétend être le pub irlandais le plus haut du monde – ça reste à prouver en en visitant d’autres), où l’on goûte à la bière locale, la Cusqueña, vendue en bouteille de 620 ml. De quoi bien s’hydrater !



Notre jeu quotidien : reconnaître des français en voyage.
Le jeu est simple : ils sont sponsorisés par Décathlon, Columbia ou The North Face ; ils ont une banane ; ils ont une gourde filtrante OKO et ils essaient d’ouvrir des portes et tapent sur des murs en disant « c’est porteur ça ». Ça marche à tous les coups !
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Quel beau voyage pédagogique ! Bisous.
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