Lundi 21 septembre 2026 – Mercredi 23 septembre 2026
Puno nous aura donné du fil à retordre !
La veille, dimanche 20, en rentrant du Machu Picchu, nous avons dû faire une très longue escale à Cusco, équipés de nos sacs à dos. Nous avons déjeuné et attendu patiemment notre bus de nuit dont le départ était prévu pour 22h. Les premiers signes de fatigues commencèrent à se faire ressentir. Alors que nous attendions notre bus (et, pour tout vous dire, que je commençais à être malade), un bruit sourd résonna dans la gare routière, comme si un camion arrivait à toute vitesse. Les vitres, les fauteuils, les tables se mirent à trembler, pendant quelques 5 secondes. Un séisme de magnitude 4,3, dont l’épicentre était à Cusco même, venait d’avoir lieu.

On prit notre bus pour 7 heures de trajet de nuit, frigorifiés, pour arriver donc en avance, vers 4h30, à Puno, villes sur les rives du Lac Titicaca. Nous avions bien lu et entendu que cette ville ne valait pas vraiment la peine de s’y arrêter, mais nous avions repéré une excursion sur le lac qui nous intéressait. Épuisés, malade pour ma part, et après une nuit blanche, on sort de la gare routière pour assister à un magnifique et mémorable lever de soleil sur le lac, dans un silence total.



Le soleil à peine levé, on traverse la ville déserte pour rejoindre notre hôtel et déposer nos sacs. Assez rapidement, on ne s’y sent pas très bien. On dépose nos sacs et au fur et à mesure que la ville se réveille, le constat initial se confirme : on veut fuir cette ville, le Pérou et même changer d’itinéraire. La fatigue, l’attente longue jusqu’à pouvoir récupérer la chambre, la santé fluctuante, les siestes sur les bancs publics, le chaos et la saleté régnante, les discussions avec nos proches, tout cela nous pousse à une conclusion : nous ne sommes pas lucides, il faut nous reposer et c’est tout ce que l’on fera de cette première journée.









Le soir, après une grosse sieste, le centre ville semble plus animé et accueillant que le matin. Très tôt, on dîne dans un restaurant dont la décoration nous semblait chaleureuse et la carte attrayante. On sympathise avec la patronne, les plats sont délicieux. Dans un décor de pailles, de cabinet de curiosités, avec une lumière tamisée et de la bonne musique, on s’y sent bien et on a l’impression d’avoir trouvé un refuge.


Le lendemain, mardi, nous avions finalement renoncé à l’excursion prévue pour pouvoir nous reposer. Initialement, le plan était de faire un tour organisé (200 sol – 50€) pour visiter les îles d’Uros et de Taquile. Outre le fait qu’on en avait un peu marre des tours touristiques organisés qui vous font voir les sites de manière expéditive, des flamands rencontrés quelques jours plus tôt nous avaient dits que la visite de Taquile était décevante.


On décide alors d’aller visiter les Îles d’Uros par nous mêmes, en prenant une navette directement au port. C’est la meilleure décision que nous ayons prise, puisque l’aller-retour nous a coûté seulement 36 SOL (9€) ! Après 30 minutes de traversée du lac et de marécages de roseaux, nous arrivons sur les îles flottantes d’Uros, des îles construites sur de la tourbe flottante recouvertes de roseaux séchés.





Le bateau nous dépose sur une première île, où le président de l’île nous explique les méthodes de construction et la vie sur ces îles qui flottent au dessus de 20 mètres de profondeur. On fait ensuite un tour de bateau dans la baie, pour admirer d’autres îles : chaque jour, les tours touristiques ou les navettes s’arrêtent sur des îles différentes afin que chaque île puise bénéficier du tourisme. Le peuple des Uros ne vivant que de la pêche et du tourisme.









On nous dépose ensuite à la « capitale », c’est à dire l’île principale où se trouvent commerces et restaurants et où nous restons une petite heure le temps de la découvrir. Certains disent que tout le peuple ne vit pas réellement sur les îles, et que certains rentrent à Puno le soir, une fois les tours organisés. C’est peut être en partie vrai, mais il y a en tout cas de véritables habitations flottantes ainsi que la possibilité de dormir une nuit sur place, chez l’habitant. Nous restons en tout cas impressionnés par ce mode de vie, unique et autarcique.










Nous rentrons à Puno en milieu d’après-midi, content de cette balade qui aura été exactement la même que celle du tour touristique (Taquile en moins) mais BEAUCOUP moins chère, et plus en forme qu’hier. Affamés, nous retournons dans le même restaurant que la veille, une valeur sûre et qui nous réconforte, où nous sommes accueillis en héros par Candy, la patronne.
A tout voyageur qui se rendrait à Puno, je ferais trois recommandations :
- Si vraiment vous tenez à aller à Puno, une seule nuit est amplement suffisante : la ville n’a aucun intérêt, n’est pas touristique, et il nous a même semblé par moment que nous n’y étions pas vraiment les bienvenus (mon teint était sans doute blafard, mais on n’a pas compté le nombre de fois où l’on s’est faits dévisager de manière trop insistante).
- Faites les Uros avec la navette publique : bien moins chère pour exactement la même prestation (les flamands nous avaient dits que Taquile était décevante car la visite était expéditive au regard de la taille et de la beauté de l’île).
- Dînez chez Candy, patronne du restaurant la Hosteria depuis 45 ans, qui nous a expliqué ne pas avoir besoin de racoler les touristes dans la rue, puisque son restaurant est simplement bon. C’est le meilleur restaurant qu’on ait fait depuis le début du voyage, et l’accueil en vaut la peine.
Nous, à l’issue de ces deux jours, on se pose quelques questions sur la suite, pour éviter de se remettre dans des états de fatigue et de nerfs inutiles. Première décision prise : on va essayer d’arrêter les bus de nuits. Pour l’économie d’une nuit d’hôtel, cela ne vaut pas la fatigue endurée. Ensuite, on va profiter de notre prochaine étape en Bolivie, pour nous reposer un peu.
Mercredi, au petit matin, on quitte Puno en bus pour passer la frontière bolivienne, à pieds. Le bus nous dépose au poste frontière péruvien, où l’on obtient notre tampon de sortie, puis l’on marche quelques mètres jusqu’au poste frontière bolivien, pour notre tampon d’entrée. C’est une autre aventure qui commence, que l’on vous racontera plus tard.

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