Mercredi 7 octobre 2026 – Dimanche 11 octobre 2026
Si l’on doit vraiment être honnêtes, on avait failli supprimer cette expédition de notre périple. Bien que sur notre route pour rejoindre le Chili, et fortement recommandée par tous les voyageurs avant nous, on doit avouer qu’on avait un peu peur des conditions de vie et de voyage. Verdict : non seulement on ne regrette pas, mais surtout, on s’accorde tous les deux à dire que c’est sans doute le plus beau périple qu’on ait fait jusqu’à présent. On vous emmène avec nous à la découverte du plus grand désert de sel du monde et de ses alentours.
Départ d’Uyuni
Mercredi matin, nous partons de Sucre en bus pour rejoindre Uyuni, en passant par Potosi (ville connue pour ses mines aux conditions de travail inhumaines, dans lesquelles on décide de ne pas s’arrêter). On a la joie d’avoir renoncé au bus de nuit, ce qui nous permet – entre deux siestes – d’admirer la beauté des paysages andins boliviens, encore plus spectaculaires que les péruviens.
On arrive à Uyuni, ville perdue au milieu d’un désert de roche et de sable, où l’on rejoint nos compagnons de voyage, Axelle et Antony, Alexiane et Antoine, rencontrés à Sucre, avec qui nous partirons le lendemain matin pour 4 jours à la conquête du Salar d’Uyuni et plus largement du Sud Lipez.

Nelson, où es-tu ?
Nos compagnons de voyage se sont occupés de la réservation de ce tour organisé avec un guide réputé, Nelson, censé nous conduire dans ces lieux reculés du sud de la Bolivie, en 4×4 (et on les remercie !). C’est une expédition typique de la région, que la plupart des voyageurs font.
Le problème, c’est qu’une heure avant le départ, en ce jeudi matin, Nelson nous annonce ne plus pouvoir faire le tour et envoyer un autre guide à la place, Hefer, sous couvert de mensonges qui se contredisent – je vous passe les détails.

On attend Hefer de pied ferme : nous ne sommes pas contents du tout de se faire lâcher à la dernière minute et de découvrir les mensonges de Nelson ! Après d’âpres négociations, on part avec ce nouveau guide qui nous propose le même tour, un poil moins cher. De toute façon, on se dit que tout le monde fait exactement le même parcours, donc il n’y a aucune raison que cela se passe mal !

Ici aussi, les trains sont en retard
Première étape de notre journée : le cimetière de trains d’Uyuni, à l’orée de la ville. Un site industriel abandonné de plusieurs dizaines de locomotives, qui partaient jadis de la mine de Potosi pour rejoindre l’océan Pacifique. Quand la Bolivie a perdu son accès à la mer en 1904 (suite à la guerre du Pacifique avec le Chili, 1879-1884), le transport ferroviaire depuis la mine s’est arrêté, laissant les locomotives dormir ici à jamais, dans une ambiance apocalyptique saisissante.








Lunettes de soleil et chapeau requis !
Peu avant le déjeuner, Hefer et son 4×4 Lexus/Toyota (oui, il l’a un peu pimpé) nous conduisent à l’entrée du Salar d’Uyuni. On est de suite frappés par l’étendue blanche à perte de vue, semblable à de la neige. Pourtant, quand on pose le pied par terre, c’est bien du sel, solide et chaud.









Le Salar s’est formé par l’évaporation d’une ancienne mer fermée et salée. Aujourd’hui, s’il ne sert plus pour l’alimentation, il demeure l’une des réserves les plus importantes de lithium au monde, et sert, plus ponctuellement pour construire des bâtiments. Le sol est si dur que des briques y sont directement découpées. On déjeune justement dans un ancien hôtel fait de briques de sel.



L’après-midi, direction le cœur du Salar sous un grand soleil. Ici, l’étendue est encore plus blanche et les montagnes au loin disparaissent dans des mirages. Telle une tradition, on joue avec la perspective pour quelques photos.













La route se poursuit jusqu’à l’île Incahuasi, une colline recouverte de cactus millénaires et de coraux fossilisés au milieu du Salar. Ici, lorsque la mer ne s’était pas évaporée, l’eau pouvait atteindre jusqu’à 100 mètres au dessus de l’île. Aujourd’hui, il reste seulement une épaisse couche de sel, variant de quelques centimètres à 120 mètres par endroit.








Après le coucher du soleil au milieu de ce désert blanc, il est temps de rejoindre notre premier hébergement à Chuvica : le Lodge Gueissés, un hôtel rudimentaire fait de sel, dont le confort laisse à désirer, pour nous deux qui vivons une première aventure comme celle-ci. Fort heureusement, malgré le sol en gros sel, le froid et une douche déroutante (la dernière du séjour…), notre petit groupe passe une bonne soirée !








Vous reprendrez bien un peu de sel ?
Le lendemain matin, on reprend la route après une bonne nuit (pour ma part – le froid me va bien) pour un autre Salar : celui de Chiguana, tout proche d’Uyuni, où l’on croise un train de marchandises. Sur la route, on s’arrête pour acheter des bières recommandées par Hefer, avec une dégustation à 9h du matin.








A nouveau, on est stupéfait par cette étendue de celle, sans route, dans laquelle Hefer se repère grâce aux montagnes et roulant à toutes berzingues.
Sous les volcans, les lagunes
En ce second jour, on fait beaucoup de route et le paysage est très changeant. Après le Salar, on se retrouve dans un paysage plus désertique, avec quelques canyons.





Le point commun de ce séjour sera l’omniprésence des volcans tout au long de la route, comme des phares qui guident Hefer et nous rappellent que nous sommes à plus de 4000 mètres d’altitude.
Ce jour-là, nous aurons aussi profité de nombreuses lagunes et de leurs habitants : des flamands roses, des mouettes, des oies des Andes et surtout de nombreuses vigognes.
La Laguna Cañapa…




…Puis la Laguna Hedionda où nous avons déjeuné…






…Et enfin, la Laguna Honda, la préférée de Nolwenn.









On avait pris une petite claque lors de notre exploration du Canyon de Colca, mais ici la sérénité, le calme, la diversité et l’immensité des paysages que l’on traverse nous en mettent une deuxième. On ne croise pas d’autres touristes, on se sent petits et humbles.
Le désert, le vrai
On sort du circuit des lagunes par un canyon rocailleux. Il me semble important de préciser, à ce stade du récit, que nous n’avons pas de réseau, qu’il n’y a pas de route ni de pistes, et que notre seul moyen de nous en sortir est de nous fier à la connaissance poussée de notre guide – on ne le remerciera d’ailleurs jamais assez pour tout ce qu’il nous a partagé pendant ce séjour.


Le paysage se transforme à nouveau et laisse place à des dunes de sable et petits graviers à perte de vue : c’est le désert de Siloli. Il n’y a plus d’eau et les seuls habitants sont des viscaches, des petits animaux à la croisée du lapin et de l’écureuil, qui se laissent approcher car ils sont habituellement nourris par les touristes, chose qu’on se refuse à faire.










En fin d’après-midi, on rejoint une formation rocheuse nommée « l’arbre de pierre ». Il s’agit de roches volcaniques propulsées du volcan, posées là au milieu du sable. La légende raconte que ces roches sont le « bouchon » du volcan, et que si elles venaient à tomber, la lave coulerait à nouveau.






La Laguna Colorada
Après 6h de trajet (plus si on compte les pauses) et près de 300 km, on arrive au crépuscule à la Laguna Colorada, célèbre pour son eau de couleur rose. Elle me rappelle, bien évidemment, les salins de Camargue, avec sa croûte de sel et de borax. On a à peine le temps de l’admirer que le soleil se couche.



Nous rejoignons donc l’Hostal Rosita à 4300 mètres d’altitude, dans un froid polaire. Pas de douche, une chambre partagée à 6 pour se réchauffer qui me rappelle l’ambiance des auberges de jeunesse que j’eus fréquentées aux Etats-Unis. Nous sommes quasi-seuls et passons la soirée autour d’un bon repas préparé par notre guide et la Tia (nom respectueux pour désigner la patronne des lieux), avec quelques bières, vins et jeux. Il fait froid, mais la bonne ambiance de notre groupe réchauffe l’atmosphère. Avant l’extinction des feux, on se risque à mettre le nez dehors pour observer le plus beau ciel étoilé de notre vie. Dans cette région, il n’y a pas d’électricité et donc aucune pollution visuelle (l’auberge fonctionne sur un groupe électrogène qui tourne 3h par jour).

Le lendemain, notre guide nous promet une journée plus calme et contemplative. Hefer se promène avec nous à pied autour de la Laguna Colorada, et je profite de ce calme pour profiter seul du paysage : il n’y a personne d’autre que notre groupe.











En m’isolant un peu face au volcan enneigé, surplombant le rose vif de l’eau au dessus de laquelle s’envolaient des centaines de flamands roses, je me suis dit que nous sommes bien petits face à l’immensité de notre planète. Tous les petits problèmes du passé deviennent soudainement anecdotiques comparés à ce que je voyais. Pour la première fois, je me suis senti libre et libéré de tout carcan. Il fallait sans doute changer d’hémisphère pour le réaliser.

Quand l’eau rencontre la lave
On déjeune rapidement et Hefer nous amène à la rencontre des Geysers Sol de Mañana. Dans le sous sol, un cours d’eau rencontre la lave en fusion. La vapeur d’eau générée ressort sous pression formant des geysers. Le sol étant terreux, de la boue se forme ainsi que des bulles et des panaches de vapeur d’eau. Ça et là, les explosions rencontrent du souffre, ajoutant en plus une odeur d’œuf pourri.





Avec 4 jours d’excursion, Hefer nous avait promis de prendre le temps : il nous dépose, à peine quelques minutes plus tard à Polques, sur les bords d’une énième lagune. Le cours d’eau souterrain sort de la montagne à cet endroit, à plus de 35°C. Des bains thermaux ont alors été aménagés, dans lesquels on profite du coucher de soleil, à 4600 mètres d’altitude et 10°C.

On rejoint l’Hostal Loma Tara, ultime hébergement du séjour, dans un dortoir partagé et sans douche (on a l’habitude maintenant), mais qui nous offre un repas avec vue panoramique sur la lagune, avant le coucher du soleil. Comme les soirs précédents, on joue, on discute, le tout coupé du reste du monde, ce qui fait aussi un bien fou.
Du désert de Dali au Chili
Le dernier réveil bolivien est matinal, et doit nous conduire tout droit à la frontière. Le calme Hefer, jusqu’à présent, se transforme en pilote du désert : il nous explique que les premiers arrivés à la frontière chilienne, où il doit nous déposer, sont les premiers à récupérer un groupe pour faire le parcours dans l’autre sens.
On fait deux ultimes haltes : l’une au « désert de Dali », un désert de sable où des rochers sont censés rappeler des œuvres du célèbre peintre (sans grande conviction) ; l’autre à la Laguna Verde, une lagune qui prend une couleur émeraude proche du Verdon quand le vent se lève (et bien sûr, c’est le seul jour où il n’y a pas eu de vent).










On fonce alors jusqu’à la frontière entre la Bolivie et le Chili, où on fait tamponner nos passeports pour sortir de la Bolivie. Après une longue attente, des aurevoirs et remerciements chaleureux à Hefer, on traverse la frontière à pieds puis on monte dans un minibus qui nous conduit à la douane chilienne, qui nous autorise à rentrer (ouf !).



On réalise très rapidement que ce nouveau pays est tout à fait différent : les bâtiments sont propres, terminés et les routes goudronnées. Le bus nous amène jusqu’à San Pedro de Atacama, notre prochaine destination. Dans ce bus, on comprend la chance qu’on a eu de vivre une telle aventure, entourés de si bonnes personnes. L’esprit et le cœur sont remplis de paysages magiques, divers et époustouflants, de souvenirs uniques et partagés dans un lieu isolé et préservé. Surtout, on ressort de là ébahis, contemplatifs, heureux, peut-être un peu grandis, et avec l’envie irrépressible… de prendre une douche !
PS : Pour clore le chapitre Nelson. Ce voleur nous a harcelés de messages vocaux sur WhatsApp tout au long du séjour, nous traitant d’escrocs. On a décidé de l’ignorer, on n’avait plus rien à voir avec lui. Sachez qu’on a découvert sur Facebook qu’il avait un autre tour organisé pour d’autres français, aux mêmes dates que nous. Vous êtes voyageurs et prévoyez un tour du Salar d’Uyuni ? Ne prenez pas Nelson.
Prenez la route avec nous
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Quel magnifique voyage avec un dépaysement total: La liberté !
Bisous à tous les deux.
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Et merci le Z !!
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Achille Zavatta ?
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C’est magnifique !
Gros bisous ❤️
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Coucou à vous 2
J ai rattrapé mon retard… moments magiques pour vous et pour moi depuis le 20e arrondissement
Bises
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Merci pour le partage les photos sont absolument sublimes c’est magique !
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