Dimanche 11 octobre 2026 – Samedi 17 octobre 2026
Le Chili est un long pays, aux paysages et climats divers. Un pays tellement étendu qu’il nous sera impossible de le visiter en une seule fois. Pour notre première halte, nous nous rendons à San Pedro de Atacama, petite ville du nord, directement accessible depuis la Bolivie, et en plein milieu du désert qui lui donne son nom.
San Pedro de Atacama est fabuleuse. C’est une petite bourgade de terre et de pierre, poussiéreuse, chaude, peuplée essentiellement de touristes et de vélos, au cœur d’un désert hostile et le plus aride du monde. On a perdu 2000 mètres d’altitude et gagné une bonne dizaine de degrés : les shorts sont de sortie et ça fait du bien.

Le jour de notre arrivée, on se concentre sur une visite de l’unique artère commerçante de la ville avec sa multitude de restaurants, boutiques et autres agences de voyages. On a aussi le plaisir de recroiser par hasard Mathilde et Gary, ainsi que leurs enfants, des enseignants français en voyage rencontrés à Sucre.







Notre hôtel est super : c’est une chambre privée dans une auberge, l’Hostal Hara, avec cuisine partagée, de grands extérieurs aménagés, une piscine (que l’on ne testera malheureusement pas), des coins et recoins, des animaux de compagnie, des jeux de société et des propriétaires hyper accueillants et sympas. On se sent à la maison.



Voilà, le décor est planté. Après 4 jours à la roots dans le Salar d’Uyuni, on retrouve du confort et du réconfort.
D’ailleurs, avec nos copains du Salar, on a loué une voiture pour 3 jours, sur les bons conseils d’un autre français croisé dans un bus. Le « veau », comme Antoine a décidé de très justement la surnommer, est une énorme voiture familiale basse de caisse et au passage de vitesse difficile, qui nous a donné quelques sueurs froides. Moi, je décide de m’abstenir de la piloter.
Viser la Lune
Au lendemain de notre arrivée, la fine équipe part visiter la Vallée de la Lune, un site naturel emblématique de la région. Si vous avez suivi notre visite de la Paz, c’est le même principe : un ancien lac asséché qui a déposé des sédiments, lesquels ont été sculptés avec le temps par l’eau et le vent. Une belle randonnée, malgré un ciel couvert, durant laquelle on retrouve, à nouveau par hasard, Mathilde, Gary et leurs enfants !















Pukara de Quitor et la Vallée de la Mort
L’après-midi, on voulait se rendre à la Vallée de la Mort, mais celle-ci était fermée. On se dirige alors vers le site archéologique voisin de Pukara de Quitor, une cité pré-inca tour à tour conquise par les Incas puis les conquistadors.


Si la cité en elle-même présente un intérêt touristique limité, c’est surtout le panorama qu’elle offre qui est saisissant. D’un côté il offre une vue sur toute la vallée et l’oasis de San Pedro, qui nous a permis de réaliser combien cette ville était unique au milieu du désert.


De l’autre, il offre une vue plongeante sur la Vallée de la Mort, qui paraît toute aussi impressionnante vue d’en haut.








Après cette dure journée de découverte des merveilles de la nature, chacun retrouve son chez soi, et nous, on s’installe confortablement dans le jardin de notre hôtel qu’on ne veut plus quitter.

Des geysers trop matinaux
Mardi matin, réveil aux aurores : 4h30 pour un départ une heure plus tard, à 2h de route au nord de San Pedro. L’objectif, aller voir des geysers, paraît-il sensationnels car les jets et la vapeur d’eau sont à leur climax au petit matin.
Antoine conduit le veau, qui souffre sur la route abîmée du désert. On arrive, fatigués et frigorifiés : il fait -3°C ressenti -15°C et, une fois n’est pas coutume, on n’est pas assez couverts.
Les geysers sont bien là, mais pas si puissants que ça. Évidemment, tout cela est exceptionnel et rare dans une vie, mais tous ces éléments combinés nous poussent dans la voiture pour nous réchauffer et rentrer à San Pedro, un peu déçus.






L’après-midi, on rentre se reposer un peu, car le soir, nous avons une observation des étoiles prévue, avec Axelle et Antony, et…

Il fait toujours beau… au-dessus des nuages
San Pedro est au milieu d’un désert, et se targue de connaître 330 jours de beau temps par an. Il faut croire que les 30 jours de mauvais temps sont tombés pile quand nous sommes venus ! Depuis lundi, contrairement à dimanche, il fait nuageux et frais.
Ce mardi soir donc, nous retrouvons Lucile, Romain et leur deux filles (vous savez, Les Geof’ trotteurs, rencontrés sur l’Isla del Sol et retrouvés à Sucre) pour un bon dîner avant de partir pour notre soirée d’observation des étoiles avec un guide. Oui, sauf que les nuages en ayant décidé autrement, la soirée est annulée. Tant pis, on se console autour de Pisco Sour (boisson traditionnelle péruvienne) et de quelques parties de dés. On retentera demain !
Un arc-en-ciel ?
Le lendemain, mercredi, nos copains français et le veau partent en balade ; pour nous, c’est grasse matinée. On se retrouve le midi pour déjeuner tous ensemble chez Emporio Andino, dont la spécialité sont les empañadas : délicieux ! On part ensuite à 1 heure de route pour visiter deux sites.

Le premier est le site de Yerbas Buenas Petroglifos, qui abrite le plus important ensemble d’art rupestre de la région. Il s’agit de gravures faites par des caravaniers et habitants de la région, à même la roche, il y a 2000 ans. Ces traces du passé laissées par nos prédécesseurs sont un beau moment d’émotion.









Le second site est la Vallée de l’Arcoiris (comprenez, en français, la Vallée de l’Arc-en-ciel), une vallée dans laquelle les roches volcaniques de multiples couleurs semblent former des arcs-en-ciel. Bon, même si le soleil n’est pas au rendez-vous, on est tous bluffés par le gigantisme du lieu, les couloirs et les falaises de roches, et la superposition des couleurs.


















Sur la route du retour, on croise quelques guanacos, une espèce de camélidés que nous n’avions pas encore rencontrée et qui ne semblent effrayés ni par notre présence, ni par le veau. On rentre à San Pedro et, je vous le donne en mille… la soirée étoiles est encore annulée !

Parce que tu le veau bien
Jeudi matin, il est temps de dire au revoir à nos copains français Alexiane et Antoine, qui partent vers le sud du Chili. On se retrouve pour un dernier déjeuner à six à la Franchuteria, une boulangerie française ! Après quelques au revoir (nos routes devraient se recroiser prochainement), Antoine a le bonheur de conduire et ramener une dernière fois le veau jusqu’à son propriétaire.

Nous, on passe une bonne partie de l’après-midi à faire quelques réservations et itinéraires pour la suite du voyage, en attendant la soirée étoiles… annulée ! On ne revoit plus Antony et Axelle, mais là aussi, c’est une question de jours avant que nos chemins se recroisent.
Que diable !
Il fait beau ! C’est le dernier jour, et on n’en croit pas nos mirettes !
Ce matin, on a loué des vélos tous les deux pour une grande balade dans la Garganta del Diablo, une gorge de roches rouges aux allures de Far west. Et qui recroise-t-on ? Les Geof’ Trotteurs ! Bon, ce n’est pas tout à fait un hasard, on savait qu’on voulait tous faire cette balade aujourd’hui. Mais de là à réserver les vélos au même endroit sans se concerter, c’est fort !

On fonce pour semer les Hauts-Savoyards. La gorge est sinueuse et les falaises élevées. On prend des couleurs et on se régale à arpenter ce lieu unique à vélo. Arrivés au bout, un mirador : Nolwenn décide de me laisser l’escalader seul.











En haut, je me retrouve avec quelques rares courageux à admirer un paysage à 360° composé de volcans, dunes et désert. Et parmi ces courageux… les Geof’ Trotteurs qui ont fini par me rattraper !





On se fait une séance photo puis on redescend tous les cinq pour rejoindre Nolwenn. Là, une course poursuite à vélos s’engage dans la gorge : les filles veulent maintenant nous semer ! Elles finissent d’ailleurs par y arriver, et une fois que nos jambes sont épuisées et que la famille est loin devant, on s’annonce vaincus et on s’arrête pour pique-niquer tous les deux au pied d’un arbre, dans ce paysage de western.



Et les étoiles alors ?
Les vélos rendus, une glace engloutie et une petite sieste effectuée, on retrouve la petite famille pour un dîner, et on nous révèle que c’est l’anniversaire de Lucile ! Les filles, qui sont pourtant bien bavardes, nous avaient caché l’info !
En guise de cadeau, les nuages ont disparu… tout comme le guide qui devait nous faire la soirée d’observation des étoiles (ça nous rappelle un certain Nelson). Fort heureusement, Lucile a trouvé une autre guide, Ophélie, une française passionnée d’astronomie et installée à San Pedro, qui nous amène loin de toute pollution lumineuse.


Là, nous sommes une quinzaine et Ophélie nous présente le ciel du soir. Au fur et à mesure de sa présentation, notre regard s’habitue et les étoiles se rendent plus visibles. Elle nous explique notamment que le ciel de San Pedro est protégé car particulièrement pur (peu de pollution lumineuse, peu d’humidité et faible pression atmosphérique). Autour d’une petite collation, elle nous montre des amas d’étoiles, des galaxies lointaines et visibles uniquement depuis l’hémisphère sud, des constellations… Tout cela est magique.

Dans la pénombre, le croissant de lune éclaire le télescope d’Ophélie, qui permet de faire la différence entre les différents types d’étoile, de voir les cratères de la Lune, et même les anneaux de Saturne. Une première pour Nolwenn qui est restée sans voix !
Avant de nous raccompagner, Ophélie nous rappelle la grande histoire de l’univers. Tout ce qui en résulte n’est que poussière d’étoiles et l’humanité est peut-être l’expression la plus complexe de ce qu’une explosion d’étoile peut produire. Nos êtres individuels sont soudainement ramenés à leur petitesse et à leur humilité. Nous ne faisons que passer et nous redeviendrons poussière.


Comment semer les Hauts-Savoyards ?
La nuit fut courte et pourtant remplie de rêves étoilés tout en couleur. À la gare routière, le lendemain matin, pour prendre le bus pour l’Argentine, on retrouve les Geof’ Trotteurs. Je vous jure que nous ne le faisons pas exprès !
Notre bus est annoncé avec 4 heures de retard… L’occasion d’un petit déjeuner tous ensemble à la Franchuteria autour de quelques jeux de société et de dés. On se souviendra du regard fier d’Emy, venue montrer à Nolwenn comme elle avait fait ses devoirs avec brio, de Lola, contente de m’avoir battu au jeu de dés que je lui ai moi-même appris !
Notre bus part finalement et rejoint l’Argentine, où nos routes vont se séparer quelque temps. Mais comme avec Antony et Axelle, Antoine et Alexiane, quand les rencontres sont belles, on n’a aucun doute que nos chemins se recroiseront à nouveau… par pur hasard !
Au Chili, notre passage aura été rapide mais néanmoins marquant et plein de souvenirs et paysages saisissants. On quitte ce pays un peu triste, mais fort heureusement, nous y reviendrons plus tard dans le voyage…
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Ne fait pas le modeste, on sait très bien que tu nous a laissé gagner au vélo et aux dés 😉
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J’ai rattrapé mon retard :D Ce ciel étoilé est splendide rien qu’en photo!
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J’ai enfin profité, grâce aux vacances scolaires, de votre blog. Un beau rêve qui se concrétise et merci de nous faire partager ces magnifiques moments et paysages. C’est un plaisir de lire vos aventures, découvertes, émerveillements, … Profitez pleinement tous les deux et j’ai déjà hâte de lire la suite
Michel
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